Blacksad m’a bluffé. Le premier tome "Quelque part entre les ombres" m’a attiré irrésistiblement, avec sa couverture noire, percée de deux yeux verts et d’un museau blanc, orné d’une cigarette politiquement incorrecte.

- Choix des couleurs, du cadrage, des positions de personnage : magnifique !
La première lecture m’a complètement conquis. J’ai dû ralentir le rythme pour parvenir à gouter chaque page, chaque case de ce polar. Loin des séries bâclées où une case sur deux ne comporte aucun décor, où certains personnages sont à peine esquissés, en ombre chinoise, où les couleurs sont les mêmes du début à la fin.
Blacksad est fignolé, construit, mis en image et en couleur avec recherche dans le but d’immerger le lecteur dans l’atmosphère particulière du roman policier.

- Autre exemple de réussite : la saturation de l’image !
J’ai compris tout ce travail, que la lecture fait deviner du premier coup d’oeil, en lisant l’excellente interview] des auteurs sur Bdparadisio.
J’ai adoré le parti-pris de mettre des têtes d’animaux sur tous les personnages ! Ce n’est pas une trouvaille mais c’est une réussite magistrale.

- Blacksad en pleine action
Blacksad, le détective est un chat noir au museau blanc. Guarnido réussit à le rendre aussi expressif qu’un visage humain. On devine la joie, la souffrance, la colère dans chacune des cases de la BD. On tient là un personnage des plus réussis de l’univers de la BD ! Si si !
Ensuite, tous les personnages reflètent ce qu’ils sont, par l’animal qui les représente. Cela peut paraître facile mais ce n’est jamais innocent ou stupide. Les policiers sont des chiens, les voyous des reptiles ou des rats...

- Blacksad et Smirnov, le flic.
Bref, le tome 1 est excellent. Toutes les cases mériteraient de figurer en poster de par la recherche du cadrage, de la position des personnages, des ombres, le choix des couleurs ! Magnifique.
La Prise éclectique