La Prise éclectique
Accueil du site > 1. la prise de vue > 3. Télévision > Cosmos 1999 : science fiction psychédélique

Cosmos 1999 : science fiction psychédélique

jeudi 27 mars 2008, par darthbob

La série « Cosmos 1999 » n’a duré que deux saisons, mais elle m’a énormément marqué. A la fin des années 1970, le créateur des « Thunderbirds », l’anglais Gerry Anderson parvient à créer une série télévisée de science fiction, ambitieuse et originale, dépassant à mes yeux « Star Trek » et autres « Galactica ».

L’histoire

Le point de départ de la série est simple : le 13 septembre 1999, la lune est expulsée de l’orbite terrestre à cause d’une série d’explosions. A sa surface, les humains ont construits des colonies pour y entreposer des déchets radioactifs.

Base Alpha, Base Alpha, vous me recevez ?

Dès lors, les 311 habitants de la base lunaire Alpha se trouvent prisonniers et impuissants face à la dérive de la lune. Personne sur Terre ne peut empêcher le départ de la lune vers l’espace infini !

Ces événements sont le prétexte commode pour faire découvrir à ces humains isolés de nombreuses planètes habitées, de nombreux dangers et phénomènes inconnus. Le créateur de la série peut donc laisser vagabonder son imagination débordante pour construire des histoires extraordinaires.

Les décors

La base lunaire Alpha est un espace clos, qui doit être entretenu avec vigilance. En effet, le risque est grand que le vide de l’espace expulse le précieux air qui permet aux humains de survivre. Le lieu de l’intrigue est donc très important ! C’est pour cela que le décor est soigné et le centre de bien des intrigues (attaques extra-terrestres, pluie de météorites…)

Héo, Commandant Koenig ! Je vous parle !

Les décors de la base sont bien conçus, pour l’époque, et on y croit, même si depuis, on a fait bien mieux en terme de réalisme. Des écrans vidéos bombé et en noir et blanc permettent les dialogues entre la base et les personnages qui sont en exploration à l’extérieur.

L’équipement informatique est à la pointe technologique de l’époque : tableaux de lumières clignotantes, boutons radios, curseurs, messages d’alerte sur des boutons colorés ! On se croirait dans un vaisseau soviétique, avec un équipage occidental.

Ce qui m’avait encore plus fasciné, c’était les petits vaisseaux spatiaux utilisés par les membres de la base Alpha. A décollement vertical, ils permettent le transport de matériel ou de personnel mais ne sont pas conçus pour les longs trajets. Leur forme rappelle celle d’un lézard (sans la queue) avec le poste de pilotage au niveau de la tête. Les scènes où on les voit se déplacer étaient de petits bijoux.

Base Alpha, paré pour alunissage ?

Les décors des planètes visitées sont, à mon avis, moins bien conçues et ont très mal vieilli. Elles paraissent trop kitchs , avec leurs formes arrondies et leurs couleurs très années ’70 : orange, marron, rouge et vert pétants comme de la dynamite.

On y retrouve des effets spéciaux à la mode de l’époque : kaléidoscopes, fumigènes, double ou triple images… Pas d’images de synthèse, évidemment ! Les personnages s’y déplacent en essayant de nous faire oublier qu’ils sont en studio, mais ça prend beaucoup moins bien. Les pièces confinées de la base se prêtent bien aux studios mais pas les planètes ! Au contraire, il faut de l’espace, un vaste champ de vision pour nous faire rêver ou trembler.

Les aventures

Sur les planètes visitées par les terriens, habitent toujours d’étranges créatures, qui ont conçus des civilisations proches ou éloignées de nous. Pour les créateurs, cela permet d’introduire des sujets de réflexion et des dilemmes aux héros : la fidélité, la recherche du bonheur, l’esclavage, les drogues, la recherche du pouvoir…

Cette recherche quasi-philosophique est un des penchants des créateurs anglais (comme dans « le prisonnier » par exemple). Il ne suffit pas de divertir, il faut réfléchir. Comme les actions sont tournées en studio et pas en décor naturel, cela ne permet pas de grandes chevauchées, cheveux au vent ou de poursuites infernales. Les dialogues sont donc nombreux et parfois trop bavards mais ils permettent à l’intrigue d’évoluer doucement et aux personnages de bien se dessiner et d’évoluer.

Les personnages

Gerry Anderson a recruté deux héros de la série « Mission Impossible » : Martin Landau et Barbara Bain pour camper les héros principaux : le Commandant John Koenig et le Dr Helena Russell. Pas de doute, le couple fonctionne bien, et le lien amoureux qui les unit permet de donner plus de force à certaines situations mettant en danger mortel l’un des deux héros.

Bon sang, qu'est ce que c'est que ce truc devant nous ?

Le personnage m’ayant le plus marqué est le Professeur Victor Bergman, interprété par Barry Morse. Ses cheveux grisonnants, son visage dur et ridé accentuait sa sagesse et son calme. Les deux héros pouvaient toujours compter sur lui pour trouver une solution dans les situations délicates.

Conclusion

« Cosmos 1999 » est un des exemples emblématiques de la qualité des séries anglaises de ces trente dernières années. Comme de nombreuses autres créations de son époque, cette série avait une originalité, des moyens et de bons acteurs. Elle a permis à la science fiction d’être valorisée à la télévision, ce qui est extrêmement rare, même actuellement.

Grâce à cette série, j’ai pu réfléchir sur des thèmes impossibles à aborder par l’intermédiaire des policiers ou des séries d’action. Le suspense était toujours bien présent, par l’inéluctabilité de la dérive de la lune et par tous les phénomènes rencontrés par les habitants de la base Alpha. Pour moi, cette série est une réussite.

P.-S.

Cosmos 1999 (Royaume Uni, 1975-1977)
Nom original : « Space : 1999 »
Créateurs : Gerry et Sylvia Anderson
Deux saisons : 48 épisodes de 60 minutes
Musique : Barry Gray
Principaux acteurs :
- Martin Landau : Commandant John Koenig
- Barbara Bain : Dr Helena Russell
- Barry Morse : Victor Bergman
- Catherine Shell : Maya
- Tony Anholt : Tony Verdeschi
- Nick Tate : Alan Carter

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0