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Dr House : une série soporifique

Rien de neuf, docteur…

mercredi 19 mars 2008, par darthbob

J’ai regardé quelques épisodes de la saison en cours sur TF1 et le moins que je puisse dire, c’est que ça m’a ennuyé ! Il faut dire que cette série fait suite à de nombreuses séries médicales excellentes, avec chacune un angle de vision différent :
- Urgences, la référence en la matière
- M.A.S.H. , pour le délire et la guerre
- Grey’s anatomy, hum... euh...
- Scrubs (dont on me dit beaucoup de bien)
- H, excellente référence française
- La clinique de la forêt noire (mais non, je plaisante !)

sans oublier Nip / Tuck pour le trash, le sexe et la provocation !

Pas facile de se démarquer, non ?

Le point fort : le personnage de Dr House

Les auteurs de « Dr House » ont donc planché, bu des litres de mauvais café américain, ingurgiter des comprimés qui font planer, qui font rêver ou qui font rire pour rendre leur série originale.

Ils ont finalement décidé que le personnage principal trancherait par rapport aux habituels médecins dévoués, humanistes et disponibles. Au lieu de ça, le docteur House est tout le contraire : égocentrique, misanthrope et surtout drogué.

Dr House : mmmh, toutes ces belles pilules, ça donne envie !

Ses relations avec ses subordonnés, sa hiérarchie et les patients sont donc étranges et surtout conflictuelles. Les dicussions, les contacts physiques ou même le fait d’être dans la même pièce qu’un autre être humain le rend teigneux et agressif.

Hugh Laurie, l’acteur jouant le rôle du docteur, est d’ailleurs excellent. On sent qu’il jubile lorsqu’il doit envoyer des remarques salaces ou des vannes bien senties. Les autres acteurs ne sont malheureusement pas à son niveau, parce que leur rôle est limité et qu’ils doivent jouer les larbins ou les manipulés.

Le point faible : aucune crédibilité

Passé ce point positif, les épisodes que j’ai vus ne tenaient pas la route. Tout d’abord par la sensation d’une irréalité totale de la situation. On a l’impression que l’équipe du Dr House attend patiemment qu’un cas inexpliqué se présente dans leur hôpital pour se mettre à travailler. Et lorsque cela arrive (il faut bien une histoire par épisode !) ils se mettent à quatre ou cinq pendant plusieurs jours pour trouver le problème et une éventuelle solution !

Je me demande dans quel hôpital américain on trouve ce genre de service. Peut être est-il réservé à l’élite pétée de thunes ? Parce qu’il faut un sacré budget pour faire tous les examens prescrits par le bon docteur. Car il ne s’embarrasse pas de fioritures : il demande des examens à tour de bras ! Et quand on lui demande la raison de cette prescription, il ne répond jamais car souvent il n’y a aucune raison valable ! « Faites-le » répond-il agacé.

Oh ! Docteur, ce que vous êtes fort !!!

Les auteurs insèrent de temps à autres une scène n’ayant rien à voir avec l’histoire. Cette scène est en général une consultation du Dr House. Non seulement cela arrive comme un cheveu sur la soupe, mais en plus cela dure une minute et on a à peine le temps de comprendre que House a établi un diagnostic incompréhensible.

Par exemple, une demoiselle consulte House parce qu’elle a un soucis bénin. Elle lui parle de sa vie sexuelle débridée. Comme il voit qu’elle n’arrête pas de boire de l’eau, il en déduit en quinze secondes qu’elle a un diabète spécial depuis l’enfance qui lui a déréglé le système hormonal (d’où l’appêtit sexuel). Speedy-House a encore frappé ! Moi, j’ai rien compris à l’explication (une histoire de poutre sur laquelle la demoiselle serait tombé, étant petite)

A mon avis, c'est votre rate qui se dilate, ou le foie qu'est pas droit !

Bref, on nage en plein n’importe quoi, cela interrompt l’histoire principale et n’apporte rien à la psychologie du personnage. Là où « Urgences » prend le temps d’affiner les personnages, tout en s’appuyant sur un background médical solide, « Dr House » frôle le bide.

Trop de spectacle, pas assez de scénario

Les cas analysés par l’équipe de House sont des cas extraordinaires à tout point de vue : des cas rares, des cas mortels et surtout spectaculaires ! Il faut du gore, du sang et des examens à grand spectacle. Ils percent le crâne, implantent des électrodes, plantent des aiguilles, des sondes, des drains, charcutent, irradient, refont partir les cœurs qui s’arrêtent…

Le plus amusant dans tout ça c’est que les trois collaborateurs de House se permettent de faire tous les examens eux-mêmes, avec la plus grande facilité. C’est extraordinaire de les voir aussi pointus sur les troubles du sommeil que sur les cancers, les maladies vénériennes, les atteintes neurologiques ou la chirurgie. Quels talents ! Avec des toubibs comme ça on peut mettre des bataillons de spécialistes au chômage !

Enfin, ces charmants médecins sont tellement fins et cultivés, que lorsqu’ils s’envoient des vannes ils se disent : « Hé, tu as fait médecine en France ou quoi ? » Ca fait plaisir de voir que les scénaristes sont toujours friands de bonnes piques anti-françaises. On se demande d’ailleurs ce que ça vient faire ici !

Les dialogues sont parfois drôles mais souvent plats et ennuyeux. Les relations entre les personnages secondaires sont esquissés et sans grand intérêt : untel couche avec sa collègue, il faut le cacher mais House n’est pas dupe. La chef de House est mignonne mais ne veut pas sortir avec lui, mais on sent qu’il n’est pas insensible… Pfff ! Un peu de nerf que diable !

Pour moi, cette série est largement sur-estimée. Je suis resté sur ma faim et bien incapable d’expliquer son succès. Certes, le personnage central est intéressant mais cela ne suffit pas à éveiller mon intérêt. En fait, cette série est du même calibre que « Les experts » : de belles images, des acteurs charmants, du spectacle mais ça ronronne tranquillement, pour pouvoir passer en prime time cela reste politiquement correct et gentillet.

P.-S.

Dr House (USA)
Titre original : House, M.D.
Saisons : 4
Série créée par : David Shore
Acteurs principaux :
- Hugh Laurie,
- Robert Sean Leonard
- Lisa Edelstein

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