la prise aux mots

Flamme : le mot d’avril 2008

Tout feu, tout flamme !

Lors des précédentes éditions des Jeux Olympiques, la flamme olympique circulait à travers la planète dans l’indifférence médiatique quasi générale. Les médias français n’en parlaient qu’à l’occasion de sa venue dans l’hexagone. Son parcours planétaire, s’il était évoqué, ne tenait souvent qu’en une phrase brève se limitant au nom du pays visité et une image d’un(e) athlète courant, tout sourire.

Pour les JO 2008, le parcours de cette fameuse flamme fait l’objet d’une surenchère médiatique opposant d’un côté les partisans des droits de l’homme et les défenseurs du Tibet et de l’autre le CIO et à la Chine, pays organisateur. Les premiers entendent profiter de la visite de la flamme, symbole des jeux, alors que les seconds essaient de faire comme si de rien n’était et minimisent les actions menées autour de l’objet.

Cérémonie de l'allumage de la flamme

La flamme est effectivement un symbole qui représente en quelque sorte la trêve olympique. Elle est sensée apporter aux pays traversés un message de paix et de bienvenue aux jeux par les organisateurs. Elle permet également, d’un point de vue marketing, d’entretenir l’intérêt des médias et des futurs téléspectateurs jusqu’à l’ouverture officielle des JO.

Malheureusement, le CIO a désigné la Chine pour accueillir les jeux en 2008. Il fallait donc fatalement s’attendre à ce que la politique intervienne, tant les sujets d’inquiétude sont nombreux concernant ce pays : droits élémentaires des chinois peu respectés, censure, propagande à la gloire du régime, étouffement du peuple tibétain, brutalités, répression et enfermement des chinois protestaires…

Dès lors, que représente cette flamme, encadrée par des gardes du corps musclés, aux lunettes de soleil impénétrables ? N’est-elle pas plutôt perçue comme le symbole d’une Chine puissante, sûre d’elle, tenant ses habitants d’une main de fer et surtout sourde au discours des partisans du Tibet ou des droits de l’homme ?

Protection impressionnante de la flamme olympique chinoise

Le principal perdant de l’affaire est sans nul doute le CIO. Il parait totalement sous contrôle chinois, terrorisé par le risque de déplaire aux dirigeants communistes et donc de nuire à l’organisation de ses précieux jeux. L’appât du gain et la pression des entreprises multinationales sont également des raisons expliquant le choix de la Chine pour 2008. C’est une position bien inconfortable pour le CIO de se trouver en première ligne devant les médias et d’assumer le choix financier des entreprises qui gravitent autour du sport-business.

Après Londres, Paris et San Francisco, la flamme va poursuivre son chemin jusqu’à l’été, où elle allumera la vasque traditionnelle qui brûlera tout au long des jeux. D’ici là, nous verrons bien si le bruit fait autour de la flamme se sera amplifié au point de suspendre son parcours autour du monde !

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