Voici un film basé sur le jeu enfantin du "t’es cap’ ou pas cap’ ?" poussé à l’extrème, avec toute la perversité et le sadisme que cela sous entend.
Les deux personnages principaux que sont Sophie et Julien (interprétés par Marion Cotillard et Guillaume Canet, tous les deux parfaits) se rencontrent et se découvrent un jour de détresse. Pour supporter leur malheur et leur solitude, ils décident de se lancer des défis : "Cap ou pas Cap" avec pour enjeu, une boîte magique, trophée improbable et étrange pour un adulte, mais qui représente pour eux la bouée qui les empêche de sombrer.
Julien, anéanti par la maladie de sa mère et Sophie, souffre-douleur de ses camarades voient leur vie unies à jamais dans un tourbillon de défis, qui peuvent faire rire mais qui sont en fait de plus en plus cruels et tristes.
Dès lors, le réalisateur fait le pari de pousser ce jeu à l’extrème. Il part du principe que ces deux êtres bâtissent leur relation sur cet affrontement perpétuel et sans limite. Par delà les sentiments, le temps, les familles respectives, peut-on tout sacrifier pour un jeu ?
La cruauté de cette relation met mal à l’aise car elle nous révèle une part de nous. Sommes-nous capable de jouer notre vie, notre mariage ou notre avenir pour un pari ? Cela représente-t-il en fait la liberté absolue ? Le film n’apporte pas de réponse pour Julien et Sophie, c’est à nous de deviner si l’aboutissement de leur relation est un désastre ou un triomphe. Chacun peut l’interpréter à sa manière.
Malgré un manque de rythme sur la fin du film, quelques maladresses qui rompent le charme, Jeux d’enfants est tout de même réussi. Par moment, la mise en scène et l’atmosphère rappellent (volontairement ?) Amélie Poulain. La qualité des acteurs est indéniable, particulièrement G. Canet, qui endosse le rôle avec une apparente facilité.
Comme il s’agit d’un premier film, on peut dire qu’il s’agit d’un début prometteur et on gardera surtout en mémoire le couple Canet-Cotillard.
La Prise éclectique