Voici l’album tant attendu de Kasabian : « The West Rider Pauper Lunatic Asylum », sorti à la mi 2009. Une réussite indéniable à mon sens, dépassant mes espérances. Le groupe anglais avait depuis leur début suscité mon intérêt puis avait confirmé avec un déjà excellent « Empire ».
« The West Rider Pauper Lunatic Asylum » consacre Kasabian comme un groupe majeur de la décennie ! Bien que discrets en France, ils font un tabac au Royaume Uni, et c’est mérité. Cet album démontre leur talent pour les mélodies pop et les arrangements aux petits oignons. Un album actuel, aux multiples sources d’inspiration (hip hop, electro, gospel, jazz, folk...) qui après plusieurs dizaines d’écoutes me surprend encore.

- Le groupe Kasabian
Impossible de se lasser de titres comme « Underdog », le premier de l’album. Il ouvre le bal d’une puissante guitare saturée et une mélodie accrocheuse. Le chanteur joue avec les changements de rythme et d’ambiance, les chœurs, les instruments et les synthés. « Underdog » annonce la couleur : cet album est conçu pour les stades anglais, rempli à ras bord. Du show, du son, du rock anglais !
Puis, Kasabian s’amuse à créer une chanson sonnant comme un vieux 33 tours : « Where did all the love go ? ». Là encore, bien que moins puissante, le titre crée une harmonie entre le chant, les chœurs, les rythmes entremêlés et les guitares ! L’envie de danser nous prend, Kasabian nous invite sur la piste.
Passons sur « Swarfiga », qui ressemble à un interlude sans parole, exercice de style pour nous faire patienter avant l’excellent « Fast fuse », dans la même veine qu’Underdog. On est au cœur de l’album : puissance maximum. Kasabian crée un titre parfait pour les concerts. Nul doute que les fans se déchaîneront sur ce rythme répétitif redoutable et reprendront les paroles comme un hymne de football !
Mais, Kasabian sait aussi ménager des pauses plus calmes, telles « Take aim », plus classiquement pop. Le chanteur s’amuse à chanter sur un ton particulier. Là encore, rien à dire. La mayonnaise prend. Tout parait d’une simplicité enfantine alors que le mélange de rythmes, de samples, et de voix est bien plus difficile à faire qu’on ne le croit.
Et, comme Kasabian ne se limite pas aux titres dance ou rock, il crée des ambiances old school : « Thick as thieves » surprend par son introduction à la guitare sèche et au chant clair de Tom Meighan. Il y a du Beatles dans l’air, normal pour un groupe anglais !
Enfin, les titres comme « West Rider Silver Bullet » ou « Ladies and Gentlemen » nagent en pleine bande originale de « Pulp Fiction » ! Mais avec une sonorité asiatique originale ou une voix mielleuse, tel un crooner cinquantenaire, Kasabian surprend par son parti pris de créer ce qu’ils veulent et ne pas céder à la facilité.
Puis, le groupe est capable de nous en mettre plein les oreilles, de faire vibrer les dance floors et nous donner envie de nous jeter dessus pour des fêtes endiablées. « Vlad the impaler » est à ce titre une réussite parfaite de mélange de dance et de rock ! A écouter le son au maximum, pour saturer les enceintes et s’éclater au maximum.

- Kasabian : Vlad the Impaler
On retiendra cette phrase tirée de cette chanson dédié au monde de la nuit, aux vampires éternels : « We need to raise the dead, we need to raise the people ! ». Elle sonne à la fois comme une incantation de Dracula mais aussi comme une invitation à se bouger le cul pour danser avec Kasabian !
« Secret alphabets » et « Fire » suivent Vlad mais n’en atteignent pas la puissance et sont plus du pop rock classique où le chanteur joue à démontrer différentes facettes de son talent. Je ne comprends d’ailleurs pas que « Fire » ait été choisi comme première sortie en single de l’album.
« Happiness » clôt l’album en beauté. Le groupe nous délivre un titre tout en douceur, langoureux, comme un au revoir, mais un au revoir joyeux et optimiste ! Les chœurs gospel magnifiques donnent des frissons et les paroles toutes simples sonnent juste.
En définitive, j’ai peu de critiques à formuler sur « The West Rider Pauper Lunatic Asylum ». La quasi totalité des chansons est simplement excellente. Cet album est donc à ranger parmi mes albums majeurs de la décennie. Oui, Kasabian grandit d’albums en albums, en gardant une part de mystère en France où il n’occupe pas le devant de la scène. Tant mieux.
La Prise éclectique