Une introduction en forme de chef d’œuvre
Dès les premières images, Pixar place la barre très haut. Il s’agit en quelques minutes de résumer la vie de Carl, personnage principal. Alors qu’il est enfant, il est passionné par l’aventure. Son héros se nomme Charles Muntz, explorateur et inventeur. Il découvre un monde secret en Amérique du Sud d’où il ramène le squelette d’un oiseau légendaire, de grande taille, qui le fait passer pour un imposteur aux yeux du monde entier.
Carl rencontre alors une petite fille, Elli, qui partage sa passion. Leur rencontre est un coup de foudre. Devenus adultes, ils se marient et projettent de fonder un foyer plein d’enfants. Tout cela est présenté avec humour, beauté et sensibilité.

Le réalisateur résume la suite de leur vie, traversée de joies et de peines. L’impossibilité de devenir parents. L’impossibilité de concrétiser leurs rêves d’enfants par manque d’argent. Les scènes de la vie courante s’enchaînent, comme on feuillette un album de photos jaunies.
La tendresse, l’émotion est palpable à chaque séquence. On sent que les auteurs ont choisis de porter à l’écran toute l’intensité des rêves des personnages. On oublie qu’ils sont un dessin, une image créée de toute pièce. L’émotion s’accroît à mesure que l’on feuillette leur vie, qu’ils vieillissent, jusqu’à la disparition de Elli.
La rencontre
Carlse retrouve alors seul, vieil homme de 78 ans, coincé dans sa maison, au milieu de la ville en pleine construction de gratte ciels. On mesure le décalage d’une personne âgée, au soir de sa vie, incapable de s’adapter au monde qui l’entoure.
Surgit alors devant sa porte Russel, un petit garçon obèse, d’origine asiatique, rêvant de devenir scout d’élite… Irrité par l’entêtement du gamin à vouloir l’aider pour obtenir une médaille « d’aide aux personnes âgées », Carl le chasse en lui demandant de le débarrasser d’un oiseau (imaginaire) qui saccage son jardin.
Cette rencontre improbable, entre deux personnages totalement contraires est très amusante. La psychologie de ces deux forts caractères est fouillée. On est totalement pris dans l’histoire !
Le voyage
Pour échapper à la maison de retraite et la saisie de sa maison, le vieil homme a l’idée saugrenue de se sauver. Pour cela, il accroche des milliers de ballons, gonflés à l’hélium pour soulever sa demeure dans les airs et la faire voyager jusqu’en Amérique du Sud.

Le but de ce voyage extraordinaire est d’installer son logis au bord du lieu préféré de son épouse : une cascade extraordinaire. Il espère ainsi réaliser le rêve d’enfant de sa défunte femme et y terminer sa vie.
Bien sûr, tout ne se passe pas comme prévu et Russell, le jeune scout s’est invité et doit accompagner le vieil homme, qui a du mal à le supporter.
Des animaux incroyables
Le film est peuplé d’animaux extraordinaires : D’un côté l’oiseau rare qui existe bel et bien. Aussi futé que taquin, celui-ci est un mélange d’autruche, de perroquet et de dodo. Il personnifie la volonté du petit garçon de sauver toute vie sur Terre et la volonté du vieil homme de faire vivre le rêve de sa femme !

De l’autre côté, le méchant chasseur d’oiseau est épaulé par une armée de chiens dressés, capables de parler grâce à un collier spécial. Cela permet de savoureux dialogues entre chiens qui sont extrêmement bien vus.
Doug, un des chiens est toutefois attendri par l’oiseau et décide de le sauver. Les scènes où il parle à son nouveau maître, le vieil homme, sont très drôles. A la manière d’Alain Chabat dans « Didier », chaque expression canine est exagérée par la voix qui sort du collier !
Une aventure tout public palpitante
Comme « Cars » et « Toy story », « Là Haut » est une aventure rocambolesque vécue par des personnages fantastiques. On ne s’ennuie pas une seconde. Les scènes s’enchaînent de façon fluide et claire. Aucun temps mort.
Bien sûr, la fin est forcément un « happy end », c’est la loi du genre ! Mais on prend plaisir à la suivre jusqu’au bout car les gags sont bien trouvés et saupoudrés avec parcimonie.

Finalement, Pixar réussit l’exploit de faire vivre une aventure avec pour héros une personne âgée. Ce pari, rarement vu dans un film d’animation, est pleinement réussi.
Il permet à tous les publics de se retrouver : les enfants pour les personnages et l’humour, les parents pour l’aventure à partager avec eux et surtout les grands parent qui trouveront matière à discuter avec leurs petits enfants du temps qui passe, de leur propre jeunesse et de leurs rêves d’enfant !
Encore une fois, bravo Pixar pour ce chef d’œuvre d’une belle sensibilité et d’une originalité qu’on aimerait voir dans les productions pures Disney !
La Prise éclectique