Voila l’exemple parfait du film produit par une major américaine pour surfer sur la vague des "super"-héros : adaptation d’une bande-dessinée à succès, scénario tournant autour de personnages hors-normes quasi-invincibles, effets spéciaux en pagaille, mine d’or pour les éventuelles suites en cas de succès au box-office...
Bref, une fois le décor planté, j’hésitais entre la fuite et le boycott. C’était sans compter sans l’esprit de persuasion de kliké qui m’enrola dans une soirée cinéma pour aller voir LGX ! Dès lors, j’imaginais tous les traitements possibles de cette histoire de monde sauvé par des héros tous plus fantastiques les uns que les autres : une parodie,une tragédie, un naufrage pitoyable ou même pire un somnifère.
Finalement, LGX est à mon sens un mélange d’Indiana Jones (grâce à Sean Connery), de X-Men ou Mission Impossible (par l’établissement d’une ligue de "justiciers" seuls capables de sauver le monde des méchants) avec des morceaux gothiques dedans !
L’époque choisie est celle de la fin du XIXème siècle troublée par des tensions internationales qui mèneront à la première guerre mondiale. La technologie est encore balbutiante, la science est en train de creuser son sillon. Il s’agit donc d’un passage de relais entre les conquêtes territoriales du XIXème et les conquêtes du savoir du XXème.
Toute l’histoire est présentée via Sean Connery (le fameux Alan Quatermain, ancêtre d’Indiana Jones) sorti de sa tannière africaine pour une mission dangereuse, mystérieuse et pas payée sinon par les remerciements éventuels de la Reine... Il sent bon le baroudeur crasseux, équipé d’un fusil incroyable, à la visée extraordinaire, fort comme un vieux tigre blanc (hé hé)...
Autour de lui gravitent d’autres personnages "extraordinaires" :
Mina Archer (aux dents acérées, que j’aurais aimé encore plus sensuelle et envoutante), elle aurait pu donner au film un ton réellement inquiétant, gothique et effrayant mais elle est traitée trop superficiellement. J’aurais aimé Uma Thurman dans ce rôle, moi !
Dr Jekyll affublé de son double Mr Hyde grotesque, surhumain, indestructible, reléguant Jacques Mayol au rang des rigolos de l’apnée... un personnage à la fois spectaculaire et peu crédible dans son dédoublement (pas assez de résistance et de souffrance morale)
Dorian Gray, le dandy indestructible, charmeur, arrogant et pourtant énigmatique
L’homme invisible, au jeu d’acteur excellent quand il est invisible mais un peu toc avec son maquillage blanc... Il faut un rigolo, c’est lui ! Toujours prompt à sortir
un bon mot pour détendre l’atmosphère.
Capitaine Nemo, au look d’enfer avec sa barbe et ses moustaches abondantes, son costume et ses bijoux, son épée incrustée de pierreries. Le roi de la mécanique (voitures,
bombes, bateaux, sous-marins... vous en rêviez, Nemo l’a fait !
Tom Sawyer, l’enigme du film... Que fait-il là ? Je cherche encore quels pouvoirs mystérieux il peut avoir qui justifie sa présence. Je soupçonne une fois de plus la
bonne conscience américaine d’ajouter ce personnage afin de ne pas perturber les enfants américains qui pourraient se trouver déstabilisés par l’absence d’un héros made in USA dans ce film...
Il faut passer sur les abberations du scénario ou les maladresses de montage (peut-être est-ce fait exprès finalement). Par exemple, le sous-marin de Nemo, le Nautilus, énorme, majestueux, extraodinaire, est capable de faire Londres-Paris avec Tamise et Seine comprises) ainsi que de naviguer sans sourciller dans les canaux de Venise !!!! Incroyable, mais vrai. Un bon moment de franche rigolade.
Et que penser de l’esprit inventif du Méchant (avec un grand M forcément) qui met en place son armada (bateaux, tanks et soldats pour envahir le monde) au beau milieu des montagnes à des miliiers de mètres d’altitude... Comme un problème de logistique, là...
Quant aux combats, ils paraissent tout droit sortis de LGX sur Playstation : le kung-fu de Nemo copié sur Tigre & Dragon, Mister Hyde, c’est Hulk... Et Dorian Gray se prend trente balles à bout portant en pleine poitrine, ses vêtements sont en loques, déchirés mais au plan suivant il retrouve par miracle la santé (normal), les vêtements et le brushing !
En conclusion, j’ai pris le parti de ne pas réfléchir trop pendant la vision de ce film, malgré cela une foule de détails sont incohérents, comme dans les anciennes BD, où le scénariste ne s’encombre pas avec ça. L’ensemble est finalement sympathique car on a l’illustration d’une époque révolue où les héros n’étaient pas mutants mais tiraient leurs pouvoirs par la connaissance scientifique ou bien une malédiction diabolique. Les effets spéciaux sont très bon, comme à l’habitude, mais cela ne suffira peut-être pas pour créer une licence lucrative pour le producteur.
La Prise éclectique