Ce film de Phil Alden Robinson, adapté du roman de Tom Clancy, est supposé mettre en évidence l’escalade nucléaire entre les USA et la Russie post-soviétique.
Un riche néonazi déniche une vieille bombe atomique israélienne perdue dans le désert après un crash d’avion de chasse. Au lieu de s’en servir comme un vulgaire terroriste moyen-oriental (c’est à dire en la lançant sur un marché, une administration ou une ambassade occidentale), il décide de concevoir un plan machiavélique pour détruire à la fois les USA et la Russie !
"La somme de toutes les peurs" utilise toutes les ficelles du genre pour arriver à ses fins : le riche néonazi est autrichien, insensible, assoiffé de puissance. Il n’hésite pas à utiliser les gens et à s’en débarrasser à la moindre incartade. Il emploie un homme de main aussi moche que barraqué et des savants russes atomistes sortis d’un concours de caricatures de films d’espionnage des années cinquante...

- Morgan et Ben : deux héros qui ont la classe...
Côté américain, les espions sont beaux et sportifs, ils naviguent comme un poisson dans l’eau, aussi bien sur le terrain que dans les soirées mondaines, les réunions au sommet ou les rencontres diplomatiques. Ils sont chapeautés par un Morgan Freeman aux accents de Colin Powell : sévère mais paternel avec ses troupes, qui l’adorent.
Le président des USA est fidèle à l’image actuelle : une gueule d’acteur, rassurant, show man mais super emmerdé quand il faut prendre des décisions graves. Heureusement il a des conseillers qui le conseille (malheureusement, ils ne le conseillent jamais de la même façon... d’où engueulades)
Côté russe, les espions sont efficaces mais sournois. Qui sont-ils ? Comment travaillent-ils ? Mystère. D’ailleurs, on a beau avoir terminé la guerre froide, il vaut mieux garder un œil sur ses buveurs de vodka...
Le président russe semble être comme d’habitude une marionnette dans les mains des militaires et ex-dirigeants du KGB. Une douce anarchie caractérise le pays jusqu’au plus haut niveau militaire et politique. L’acteur choisi (Ciaran Hinds) est aussi inquiétant qu’un Poutine lorsqu’il tente de sourire, on a l’impression qu’il veut vous égorger...

- Le président Nemerov : aussi marrant qu’un goulag sibérien...
On pourrait croire que le but du film est de démontrer que les russes sont maintenant comme les gentils américains et qu’ils ont droit à tout le soutien du monde libre. Malgré leurs gros défauts (on ne se refait pas), ils ne sont plus méchants car ils sont de plus en plus proche des USA...
En fait, j’ai plutôt l’impression que c’est le contraire qui est montré : les américains sont maintenant comme les russes : gouverné par les militaires, un président marionnette à leur tête et un peuple qui n’a que le droit de s’en prendre plein la gueule... D’où l’entente cordiale entre gouvernements...
La somme de toutes les peurs a aussi des passages au comique bien involontaire :
Jack Ryan (Ben Affleck) qui court au ralenti au milieu des flammes est digne d’Alerte à Malibu

- Ryan court au ralenti dans les flammes, le portable à la main !
les retrouvailles entre Ryan et sa fiancée, médecin qui a sauvé de nombreuses vies d’innocents irradiés, archétype du couple d’américain politiquement correct
le commandant de 3eme zone russe mentant à ses troupes en leur disant : "Vous êtes au courant que les USA ont reçu une bombe atomique sur une de leur ville ? Ben en fait, vous ne savez pas qu’ils ont bombardé Moscou !!! A l’attaque !!" (sacrés russes, ils suivent CNN en direct mais ils sont incapables de se renseigner sur leurs propres actus... Et en plus, ils suffit qu’un gus quelconque leur dise d’attaquer les USA.... Et ils y vont sans réfléchir et sans aucun contrôle de l’Etat-Major ! )
la phrase du militaire s’adressant au président américain : "Les russes ont bombardé notre porte-avion... mais il est réparable !" (ben voyons les centaines de marins réduits en cendre on s’en fout, le navire, lui, est sauvé car c’est un produit made in USA, tocards de russes...)

- L’airbag des hélicos américains sauvent les espions sans égratignure !!
la blague de fin réglementaire (lamentable) et le final qui laisse supposer que les américains ne sont pas au bout de leurs surprises avec ces coquins de russes, très forts malgré leur aspect benêt... (pas de suite s’il vous plaît !)
La Prise éclectique