Après "Independance Day", Roland Emmerich pouvait-il faire plus catastrophique ? Ce film à la gloire de l’Amérique poussait le bouchon tellement loin qu’il en devenait ridicule. Tout ce qu’on a retenu de ce film c’est le président tout-puissant, super héros made in USA, capable de détruire toutes les menaces et armes de destruction massive pointées sur la Terre.
Avec "Le jour d’après", heureusement, le discours a changé. Il est même surprenant de voir comment est traité l’aspect politique de l’histoire. Les Etats-Unis sont montrés du doigt pour ne pas respecter les accords de Kyoto sur l’environnement et pour préférer l’industrie à l’écologie. Et c’est le Mexique qui vole au secours de la grande puissance dépassée par les événements... Le monde à l’envers ! Et pourtant c’est la Fox qui produit...
Même si les USA sont toujours le centre du monde dans ce genre de film (la première image ouvre sur le drapeau des USA) et l’action se déroule pour majorité à New York) Roland Emmerich a semble-t-il changé son fusil d’épaule.
L’histoire illustre l’hypothèse selon laquelle le réchauffement de la planète dû aux gaz à effet de serre finit par perturber totalement le Gulf Stream, le courant marin responsable du climat tempéré de l’hémisphère nord. Dès lors, le climat est bouleversé et finit par se refroidir brutalement jusquà une nouvelle période glaciaire.
La première partie du film est une grande claque aux spectateurs : averses d’énormes grêlons, tornades, raz de marées... rien ne nous est épargné et les effets spéciaux sont très réussis. Le but étant de nous faire peur, c’est largement atteint. Et on jubile quand les célèbres lettres du panneau Hollywood à Los Angeles sont pulvérisées par une tornade dévastant la ville.

- La vague qui envahit Manhattan
Bien sûr, comme dans tous les films du genre, les ficelles sont grosses, l’aspect scientique est peu crédible (la glaciation se déroule en une semaine !) mais le niveau est honorable. On retient l’interprétation de Ian Holm, dans le rôle d’un scientifique coincée dans une Ecosse gagnée par les glaces. Il est une fois de plus impeccable (mais si, rappelez vous dans "Le cinquième élément" ...)
La deuxième partie du film est une aventure plutôt gentillette dans laquelle Dennis Quaid doit aller chercher son fils bloqué dans les glaces à Manhattan. L’action est classique et ne réserve pas trop de surprises spectaculaires mais c’est pas trop mal. Ce film est bien sûr à voir sur grand écran car cela vaut vraiment le coup d’en avoir plein les yeux.
La Prise éclectique