Pendant l’été, les journalistes sportifs (et les autres) adorent broder des histoires rocambolesques, épicées et surtout longues comme une file de voitures dans un bouchon entre Lyon et Orange.
En cette année 2007, comme les révélations sur le dopage dans le tour de France finissaient par faire rengaine et comme le championnat du monde de Rugby persistait à être invisible, les médias français ont jeté leurs griffes sur une nageuse de 20 ans : Laure Manaudou.
Il est vrai que la grande perche championne du monde a tout fait pour intéresser les journalistes : serial pourfendeuse de records, nageant dans le star-system en même temps que dans les piscines, elle a fait flasher tous les adeptes de jeunes filles en maillot de bain, chapeautée par un entraineur fan de bling-bling.

On a donc eu droit à leur rupture consommée dans les journaux, avec vrais-faux arguments, crêpage de chignon, tacles par derrière et sourire par devant.
Puis, on a eu droit à des championnats à capitalisation recordesque de la nageuse, en dillettante, l’air de pas y toucher mais savourant une certaine revanche.
Puis, les italiens hébergeurs de la starlette ont fini par lui signifier qu’elle pouvait aller crêcher ailleurs que dans leur giron, sous prétexte qu’elle n’aurait pas une cool attitude avec ses collègues. Naan ? Elle ferait des caprices ?

Puis, le papa de la Manaudou a mis son grain de gros sel dans la soupe pour porter plainte contre le contrat signée par sa progéniture, soi-disant mitonné par le cuistot italien, avec de vrais morceaux d’arnaque dedans...
Qui croire ?
Surement pas la presse sportive qui profite de ces querelles (de gros sous ?) pour attirer les lecteurs : de pleines pages de commentaires, supputations, hypothèses et boules de gommes...
Ah l’été ! Que ne ferait-on pas pour titiller l’appétit des sportifs du dimanche, aussi attirés par une nageuse que par le dernier livre de Houellebecq ! Il faut des révélations, des coups de théatre et des coups de gueule ! Faut vendre, non ?
La Prise éclectique