Adonc prenons nous en main [1], agripons nous les bretelles [2] et suivons les étapes suivantes.
Étape une
Au coeur de votre désespoir suscité par la voisine sus-citée, rendez-vous en trainant votre langueur de romantique échevelé vers votre magasin musical le plus proche.
Étape deux
Noyez votre chagrin du matin, vous gardant du désespoir du soir, au rayon approprié et prenant votre courage à deux mains emparez-vous du dernier album de Keren Ann, avec la cinquième.
Étapes trois
Après avoir échapé à la demi-douzaine de vigiles ou de banquiers, selon que votre itinéraire de sortie prévoyait un passage à la caisse ou non, rentrez chez vous.
Éteignez les lumières.
Laissez aller vos larmes.
Puis, après déballage, insérer votre galette dans le grille-pain aproprié.
Si vous etes du genre féminin, s’allonger nue sur votre lit est un plus. Dans le cas contraire abstenez-vous.
L’étude peut maintenant avoir lieu.
Bienvenue dans le monde de la balade.
Dites adieu aux chanteuses bovines, aux pies exacerbés, qui meuglent à longueur de journée sur les ondes. Ici vos oreilles resteront intactes, à défaut de votre âme.
Bienvenue dans un monde intime, dans un monde de douceur, dans le monde de Keren Ann.
Laissez votre haine s’ecouler à l’entrée. Ouvrez vous à la beauté.
Ici plus question de repenser à votre journée. Adieu patron, collègues, belges, croquemorts et adieu à toi aussi qui a brisé mon coeur.
Voici donc le troisieme album de Keren Ann. En anglais cette fois-ci, sa langue maternelle.
Simplement beau. Profondément touchant. Emplis de joie et de mélancolie mélée, vous n’en ressortirez pas indemne. Keren Ann rayonne, éclairée par la douceur de son timbre.
Not going anywhere, n’aller nulle part. Nulle part ailleurs qu’en vous même.
Que dire de plus ? Cet album, cette artiste, cette femme, m’ont touché. Profondément. Je ne peux que vous conseiller d’ecouter cet album. Écouter simplement.
La Prise éclectique