Voici une nouvelle photographie illustrant un article de Pascal Riché sur Rue89. Elle fait partie d’une mini série consacrée à la signature de l’accord issu du rapport Olivennes sur le téléchargement de contenus culturels.
La photo
Voici la photo, d’une banalité affligeante :

Le contexte
Denis Olivennes est patron de la FNAC, gros dealer de produits culturels et de matériel high-tech. Pour des raisons obscures, il a été nommé par Nicolas Sarkozy pour mener à bien une vaste réunion sur le téléchargement. Réunissant l’industrie culturelle, les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), les sociétés de gestion de droits et quelques associations, D. Olivennes a fini par conclure par un gros rapport avec quelques engagements.
Malgré le refus des associations de consommateurs de signer ce rapport, D. Olivennes l’a présenté en grandes pompes, sous le haut patronage du président de la république. C’est à l’occasion de la cérémonie à l’Elysée que la photographie a été prise.
Le personnage principal
Denis Olivennes est au centre de la photographie. Il s’adresse au public invité ce jour-là. Comme il est de coutume, il est à une estrade, un pupitre devant lui. Le micro est si discret qu’il se confond avec sa cravate.
L’impression qui se dégage du personnage est tout d’abord une fatigue et une pâleur inquiétantes. Ses traits sont tirés, les yeux creusés, comme si la mission qu’on lui a confié avait été harassante. Il était tellement pâle que sa peau a la même couleur que le marbre du mur derrière lui !
Ses cheveux décoiffés sont sûrement aussi étudiés que ceux de Jean-Louis Borloo, maître incontesté ès-ébouriffage. En totale contradiction avec le costume soigné et austère. Difficile de dire où se situe Olivennes : un manager rock’n’roll ou un mélomane financier ?
Les ministres
De part et d’autres de Denis Olivennes, comme pour le soutenir et parer à une défaillance physique, se trouvent deux femmes, ministres du gouvernement Fillon.
A gauche, se trouve Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi.
A droite se trouve Rachida Dati, ministre de la Justice.
Il est très intéressant de voir que ce sont les ministres de l’économie et de la Justice qui sont au plus près de Denis Olivennes. On aurait pu penser que ce serait Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication !
Cette photographie établit donc le lien direct entre la commission et les ministères concernés par le rapport. Il s’agit bien d’une question d’argent et de répression et moins une question de culture et de communication.
Les regards
Denis Olivennes a les yeux qui balaient le public. C’est normal, il doit convaincre son auditoire et lire son discours.
A ses côtés, Christine Lagarde a le regard droit, semble-t-il pointé vers les photographes. Ce qui lui donne une allure sérieuse et volontaire.
Par contre, Rachida Dati semble complètement hors du coup. Son regard est dans le vague. Peut être a-t-elle un coup de moins bien juste au moment du cliché ? La malchance a donc voulu pour elle que son visage soit fermé, comme détourné de la scène…
Le contraste par l’image
Côté vestimentaire, le contraste est saisissant entre les tenues austères de Denis Olivennes et Christine Lagarde et celle de Rachida Dati. La ministre de l’économie porte une veste aussi sombre que celle de Denis Olivennes, rehaussée également d’un chemisier blanc. Une légère touche de couleur est apportée par un foulard.
La ministre de la Justice est par contre habillée d’une robe d’été rose qui flashe bien sur le mur blanc où elle est adossée ! Quelle impression étrange ! C’est comme si elle était rajoutée sur la photographie. L’impression de décalage est accentuée par la taille de Rachida Dati qui tranche avec celle de Christine Lagarde.
Quelqu’un l’a-t-elle prévenue de ce qui se tramait ? Les personnes responsables du protocole ont-ils fait exprès de positionner les ministres de cette façon ?
Toujours est-il qu’au lieu de fixer l’attention sur l’orateur, le photographe a mis le focus sur le coin droit. Volontaire ou non ?
Des questions
Il reste quelques questions qui me trottent dans la tête :
Où se trouvait Christine Albanel durant ce discours passionnant ? Pourquoi n’est-elle pas sur la photo ?
A quoi pensait Rachida Dati à cet instant précis ? à sa prochaine visite en Chine avec le président ? à ses démêlés avec Rama Yade ? à la meilleure façon de s’éclipser de cette cérémonie barbante ?
Comment Denis Olivennes a-t-il pu tenir jusqu’au bout de sa présentation dans un tel état de fatigue ? A-t-il pris un fortifiant ou des vacances après sa mission ?
Surtout, suis-je le seul a avoir remarqué que Christine Lagarde a des ailes bleues de dragon dans le dos ?
La Prise éclectique