La Prise éclectique

Paycheck

Un film avec une affiche bleue

vendredi 5 mars 2004, par Caribou

« ...Parce que je suis un homme.

Non pardon.

Parce que je suis un mec, hein.

Oui voila, parce que je suis un mec, quand je veux au ciné avec un pote, on va pas voir n’importe quoi. Par n’importe quoi entendons un film de pisseuses. Nan là on va voir un peu d’action, d’la bonne hein.

Wai, on est entre mec, alors on va voir Paycheck de John Woo. Parce que hein, bon, hein. »

Voila ce qui me passait par la tête ce samedi pour trouver une justification à ma présence dans cette salle obscure.
Avec à ma gauche Stéphane que je croyais mon ami, que j’estimais, et qui pourtant m’a emmené voir Paycheck.

J’en étais donc à ces réflexions réconfortantes, quand le film a commencé.

Et là, première surprise, j’ai aimé le début.

C’est joli, c’est futuriste avec des gadgets dans les coins. Un côté Minority Report pas trop déplaisant.

L’histoire semble attirante.

Le héros, Michael Jennings, est un super-ingénieur travaillant sur des projets top-secrets et illégaux, commandités par des sociétés de haute technologie.
Un peu comme si Kliké piratait le site de la NASA, pour permettre aux Priséens de lancer des vaisseaux spatiaux.

Donc le film commence, on a le droit à une première mission, puis notre ami l’ingénieur passe au micro-onde pour oublier toutes informations confidentielles.

Un petit chèque plus tard, on peut recommencer à trouver un autre travail.

Sauf que sur le dernier, l’ami ne reçoit pas son chèque de pleins de millions de dollars. Non, non. Juste une enveloppe contenant un nombre divers d’objets hétéroclites que Michel Jenin [1] aurais préféré avoir.

Voila donc la preuve que ce film a un scénario.

Mais surtout Ben Affleck en ingénieur, ça l’fait grave.

D’ailleurs c’est bien simple, depuis samedi je veux devenir un ingénieur.
James Bond à côté de l’Ingénieur Ben devient Edouard Balladur.

D’une part, l’Ingénieur il est champion du combat au bâton.
Et puis il sort avec Uma Thurman, qui même si elle a un nez étrange [2], manie très bien le sabre.

Ensuite l’ingénieur il est trop fort dans sa tête.

De sorte que, en 30 minutes il résout l’intrigue du film.
Et là c’est la seconde surprise du film.

C’est un Paychèque en bois.

Oui ce jeu de mots est tout pourris. Mais j’assume.

Car après 30 minutes, là où un réalisateur de génie nous baladerais encore une bonne heure à la recherche du pourquoi du comment, John Woo évacue le mystère pour filmer des séquences d’actions sans grand intérêt mais jolies sur l’écran.

Paycheck, un film de trente minutes, à l’intrigue intéressante et bien courte.

Paycheck, un film inspiré d’un bouquin de Philip K. Dick, comme Minority Report.

Et donc Paycheck prend des allures de ce dernier film, mais en plus mauvais.

L’affiche bleue n’y changeant malheureusement pas grand chose.

Alors finalement pour se consoler à la fin du film, mon copain et moi on est allé faire du shopping.

Y a pas à dire, une soirée entre mec, y a que ça de vrai.

Notes

[1] je francise, c’est plus rigolo

[2] non je plaisante, pas étrange, juste énorme

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