On se plaint de l’overdose de football ? Les médias ont trouvé un remède pire que le mal : l’overdose de rugby ! En cette rentrée 2007, le compte à rebours de l’ouverture de la Coupe du monde de rugby est asséné partout et à toutes les sauces…
C’en est à tel point, que le mot « rugby » est répété en boucle toute la journée. Personne ne peut échapper au plan média des organisateurs de l’événement :
vente des billets organisée pour créer une pénurie,
suspense artificiel de la présence ou l’absence de quelques joueurs français dans le groupe sélectionné,
visites à Marcoussis de chacun des ministres du gouvernement,
arrivée des équipes étrangères dans leur camp de base,
passage en revue des stades choisis pour les matchs
rappel des précédentes coupes du monde et des équipes championnes
interviews des vieilles gloires du rugby, chauves et bouffies mais avec l’accent du sud ouest,
unes des magazines avec les joueurs français, aux corps musclés et dénudés, accompagnés éventuellement d’une ou plusieurs présentatrices de télé à forte poitrine
Rien ne nous est épargné… Les médias surfent sur une vague artificielle, avec en esprit le raz de marée de 1998, avec la coupe du monde de football organisée en France. Mais, au lieu de relater l’événement, on a l’impression que les médias le créent de toutes pièces !
A force de rabacher que de plus en plus de monde est passionné par ce sport, passé de l’amateurisme à la haute technologie en 20 ans, j’ai comme un mal de crâne qui pointe. Vivement que les matches commencent, qu’on parle du jeu et que la peopolisation passe en arrière plan.
Est-ce la faute au Stade français ? Il a rempli le Stade de France pour des matches de championnat de France, avec un public largement féminisé. Il a starifié ses joueurs en les faisant poser nus pour des calendriers, les affublant de maillots flashy d’un rose bonbon magnifique… Du coup, les pros du marketing attaquent à tout va le public féminin.
Tous les magazines ont leur section « le rugby pour les nulles ». Ils expliquent que le ballon est ovale, le terrain rectangulaire et la pelouse verte… Les starlettes de la télévision avouent leur passion du rugby, sport magnifique pratiqué par des jeunes bodybuildés, sans poil, véritables statues grecques modernes… Le cliché du gros baraqué abreuvé de bière et de sang a fait long feu, c’est plus vendeur, ça coco !
Enfin, j’espère vivement que l’événement sera une réussite totale, sans couac, et avec un réel engouement populaire. Il reste un mois et demi avant la finale, et c’est long !
La Prise éclectique