Le roman de Patrick Süskind est une réussite. L’auteur allemand déploie son talent dans un seul but : nous faire sentir et ressentir le XVIIIème siècle comme si on y était.
L’histoire se passe en France, tout d’abord à Paris puis dans le sud jusqu’à Grasse. On suit la destinée d’un homme, Jean-Baptiste Grenouille, affublée d’un handicap et d’un don entremêlés.
Le petit Grenouille, lorsqu’il nait dans des circonstances horribles, est en fait dôté d’un instinct de survie hors du commun. Bizarrement, il est dénué de toute odeur corporelle, ce qui le met à la marge de ses congénères, qui, de façon instinctive, se méfient de lui et le persécutent.
Parallèlement à cette anomalie, Grenouille possède un don quasi-surnaturel : son odorat est si développé qu’il peut analyser chaque odeur, sans jamais l’oublier.
Ainsi, d’années en années, Grenouille développe son talent, parcourt les rues de la capitale, puantes, sales et dangeureuses pour finir par rentrer au service du plus grand parfumeur parisien.
Süskind décrit aussi merveilleusement les bas fonds parisiens que le milieu des parfumeurs parisiens. On s’attache au petit Grenouille qui apprend le métier tout en cachant son objectif et son intelligence.
Flirtant avec le fantastique, l’auteur parvient à nous faire sentir toute la gamme des parfums et des odeurs, sans jamais se répéter.
Inévitablement, Grenouille finit par se rendre à Grasse, capitale de la parfumerie. C’est un vrai bonheur de lire la description du travail nécessaire pour tirer le parfum pur et intense de chacune des fleurs récoltées dans la région.
La Prise éclectique