Après avoir adoré "Le sixième sens", avoir été intrigué par "Incassable" et très déçu par "Signes", je me suis tout de même laissé tenté par "The village", le dernier film de M. Night Shyamalan (euh, le M. devant le nom n’est pas l’abréviation de Monsieur...). Ce réalisateur subtil est également scénariste et producteur. Il préfère en effet maîtriser ses projets de bout en bout, pour être sûr d’élaborer le film qu’il désire.
Comme d’habitude, rien n’est laissé au hasard dans "The village". D’ailleurs, le titre me paraissait fade et sans ambition. Finalement, il est bien choisi car c’est le village qui est le centre de l’histoire, plus que les personnages. Les habitants de ce village "de l’ancien temps" vivent en parfaite harmonie. Sauf que dans les bois environnants, vivent des créatures dangereuses : "ceux dont on ne parle pas" !
En plus, comme disait un de mes collègues, "The village" est le film qui permet de découvrir les origines de "Village People"... C’est sûr, ça donne tout de suite envie d’aller le voir (ou d’aller se noyer dans un lac)

- Les villageois, d’un naturel frais et joyeux...
Dans ce film, Shyamalan continue de traiter ses sujets de prédilection : la foi, les croyances et bien entendu le mensonge. Peut-on se fier aux croyances ? Peut-on se fier à la réalité ? Nos sens nous trompent-ils ? Dans chacun des films du réalisateur on doit découvrir ce qui se cache derrière la réalité. C’est encore le cas ici.
"The village" est pour moi plus réussi que "Signes" car il n’aborde pas la religion mais plutôt les croyances et traditions populaires et permet de s’interroger sur les fondements de toute société. Comment naissent les mythes ? Comment certains mythes peuvent devenir réels et finalement diriger la vie d’un village (et par extension d’une société) ?

- Bon, alors là, elle a mis son manteau jaune, alors il ne peut rien lui arriver !
Malheureusement, d’un point de vue scénaristique, "The village" est décevant car le suspense est un peu gâché. Les surprises finales qui auraient dû mettre un point d’orgue à la montée d’adrénaline tombent à plat et on suit la fin avec détachement, en se disant que le scénario est malin mais maladroit.
C’est dommage, car les acteurs sont très bons : William Hurt et Sigourney Weaver sont convaincants en "anciens" du village, responsables et torturés. Bryce Dallas Howard et Joaquin Phoenix, les deux jeunes amoureux, curieux et courageux sont égalements bons (surtout la fille de "Richie Cuningham" qui n’a pas que filmé des navets, il a aussi assuré sa descendance).
Mais pour moi, l’acteur qui se distingue est Adrien Brody, interprétant Noah (un jeune ayant un retard mental) avec beaucoup de conviction, sans rentrer dans la caricature.

- Adrien Brody, entre une chasse à la grenouille et un cache-cache.
L’impression d’ensemble est tout de même positive, à condition de se plonger dans l’histoire et de ressentir un peu d’angoisse, en scrutant le fond des bois, en imaginant ce qui peut bien se cacher derrière des arbres... On est plus proche de "Blair Witch" que du cinéma gore. Alors, si Blair Witch vous a fait bailler d’ennui, allez voir un autre film.
La Prise éclectique