Trois indices avaient attirés mon intention en pénétrant dans ce lieu. Tout d’abord deux jeunes demoiselles exposaient leurs langues trouées sur une grande affiche, ensuite cette même affiche portait la mention " interdit au moins de 16 ans ". Et pour finir deux autres jeunes demoiselles se trouvaient à mes cotés et insistait pour aller voir un film " pour fille ".
Disons le tout net, j’ étais méfiant. Et le nombre honorable de diplome reçu par ce film n’y changeait rien.
" Allez mon chéri, au pire tu ecriras un article sur La Prise si c’est pas bon " me suis-je aussitôt dit lachement. Oui quand je me parle, je me donne du chéri, ça m’excite.
Bref nous y voila.
Ca commence simplement. Typique, voire caricatural. Comme dans toutes les bonnes séries américaines qui ont hanté notre enfance.
Rentrée des classes. Tracy notre héroïne pose son personnage. Elle ne veut pas de note en dessous de A cette année, nous annonce-t-elle fierement dans ses habits à fleurs, tout en arborant de jolies chaussettes sur le même thème, un gros gros sac à dos jaune, et un stylo à pompom.
Oui Tracy est ringarde, comme on ne peut l’être que dans un collège américain. Ses copines aussi. On sent le bon cliché des intellos poussives.
Et là débarque Elvi et ses amies. Les cools sont là. " Elle ressemble presque à une femme " s’extasie un jeune garçon lui aussi cool. Jeans moulants et hauts affriolants sont de la partie.

- Nikki Reed, deuxieme cerveau du scénario. Et actrice... hum passons.
- Nikki Reed, comme la Nikki Reed des Feux de l’amour.
Voila notre scénario peut démmarer, et les chaussettes aller à la poubelle. Petit à petit Tracy va sombrer derriere Elvi, s’enfonçant toujours plus loin. Pendant que chez elle, sa mère vaguement pommée et alcoolique le dimanche va commencer à paniquer.
Voila on l’aura compris, ce qui me dérange le plus dans ce film, c’est le recours quasi constant à la caricature et au trait forcé. Un besoin omniprésent de montrer du marginal, du terrible, pour choquer et choquer encore.
On plonge dans un monde de confusion, de colère, de révolte, d’angoisse, de sexe, de fringues, de drogues, de percings artisanaux, de délits et d’automutilations.
Mais le film tient la route. On peut parfois arriver à croire ce qui nous est montré. Ce sont là les meilleurs moment du film. Ceux qui accrochent aux sièges.
Et puis à la seconde suivante, on tombe tellement bas, que pour ma part j’ ai ris. Oui je l’avoue, un des moment de profonde détresse du film, où le sombre atteignait des sommets, m’a fait rire.
C’est peut etre un simple défaut personnel, mais quand on me montre " trop ", je sors du film.
Pour finir Thirteen offre un contraste entre un bon film, bien monté, bien filmé, bien joué et un scénario parfois exagéré.
Trop marginal pour offrir une remise en cause. Trop violent pour bouleverser ?
Attention, je n’ai pas dit que ce film était mauvais. Pas taper. Mais pour un film censé montrer la jeunesse américaine ses drames et la difficulté d’avoir treize ans et un vagin, je suis septique.
D’un coté nous avons Américan Pie 4, 5, 6 et de l’autre Thirteen disait un journaliste à la radio ce matin. Et bien moi je préfere Virgin Suicide qui au moins ne pretend pas être " la réalité ".
Thirteen me fait trop l’éffet d’une fiction à destination des parents américains. " Watch your girl ".
La Prise éclectique