Un flic dans la mafia
Les aventures d’un agent infiltré parmi les mafieux
Un flic dans la mafia est une série produite par le Pape des séries américaines : Stephen J Cannell, le créateur d’innombrables héros qui ont fait sa richesse et sa réputation. Toutefois, celle-ci est beaucoup plus soignée que les autres en raison du parti-pris esthétique et léché des images et de l’ambiance.
Ken Wahl joue Vinnie Terranova, un policier qui infiltre la mafia américaine pour démanteler les réseaux de trafics de drogue, d’armes et d’argent sale. Il navigue dans un milieu violent, sanguinaire mais aussi raffiné et immensément riche.
Contrairement aux héros habituels, Vinnie Terranova n’est pas tout blanc, il possède sa part d’ombre, il succombe à la tentation et se sent attiré par le "mal" et lutte pour ne pas franchir la limite.
Deux personnages l’aident dans sa tâche : Frank McPike (joué magistralement par Jonathan Banks) est son supérieur. Il ne fait pas dans la dentelle, au contraire. La fin justifiant les moyens, il ne fait aucun cas des sentiments de Vinnie. Toutefois, leur relation orageuse finit tout de même par devenir très amicale.
Le second personnage est "Oncle Mike", le contact (joué par Jim Byrnes). Il permet à Vinnie de transmettre ses renseignements et l’aide quand il le faut. Handicapé, il ne se déplace qu’en fauteuil roulant, ce qui fait de lui un des rares personnages de ce type dans toutes les séries US et française d’ailleurs.
Face à eux, les "méchants" sont inoubliables de cruauté, de sadisme et de perversion. Chacune des saisons est le récit de la chute d’un magnat du crime. Le premier est Sonny Steelgrave (joué par Ray Sharkey). Il accueille Vinnie comme un fils, lui apprend tous les coups tordus, le protège, se confie à lui et ne se remet pas de sa "trahison".
Ensuite, Vinnie a affaire à un couple de frère et soeur décadent : Susan et Mel Profitt (interprétés par Joan Severance et Kevin Spacey). Quand on connait la filmographie de K. Spacey, on se doute de la puissance qu’il a mis à jouer ce rôle d’horrible psychopathe assoiffé d’argent, de drogue et de pouvoir. et c’est le cas, impossible d’oublier son regard plein de folie, suppliant Vinnie de le rejoindre, de ne pas le trahir alors que lui ne pense qu’à le tuer ou à le torturer.
L’avantage de la série est son organisation particulière. En effet, l’enquête menée par le policier ne se déroule pas en un épisode mais sur toute la saison. Ainsi, il s’agit bien d’une immersion dans le monde de la mafia. Il faut participer aux basses besognes, organiser des planques, naviguer en eaux troubles tout en se ménageant des pauses (Vinnie va de temps à autres voir sa mère).
Parallèlement à cette enquête, d’autres enquêtes secondaires ou d’autres difficultés doivent être résolues, ce qui fait que chaque personnage est vu sous toutes ses facettes (en bien et en mal).
On se prend donc à ressentir les mêmes émotions que le héros : la peur, la surprise, la rage et surtout on arrive à comprendre l’ambiguité de sa tâche. Jusqu’où aller pour faire tomber le gangster ? Faut-il devenir soi-même un pourri pour gagner sa confiance ? Faut-il tuer, violer, voler, faire chanter des innocents ?
Voici toutes les raisons qui font qu’Un flic dans la Mafia reste pour moi une série inégalée à ce jour pour la description des rapports entre crime et police et aussi pour l’ambiance qu’elle a pu créer, toute en nuance, ce qui change radicalement des autres séries.
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