Commençons par la quatrième de couverture. "Je viens de lire Vivons heureux en attendant la mort, de Pierre Desproges. Un écrivain est né. Et je pèse mes mots comme il sait peser les siens." Pierre Desproges, Journal de Pierre Desproges
Ah ? bon d’ accord. Pourquoi pas. Alors voyons cela de plus prêt. Après tout, vivre heureux est une de mes ambitions les plus secrètes. Ne le dites à personne. Merci.
Oui surtout que, voyez vous, je suis malade. Je souffre... de toute évidence vous êtes atteint... d’ une... d’ un... d’ une maladie à evolution lente, caractérisée par... par une... dégénérescence des cellules et...
-Ecoutez. Soyez clair : j’ ai un cancer ?
-C’est-à-dire que non. Je ne dis pas cela.
-Vous dites "irréversible". C’est mortel. C’est donc bien un cancer. Parlez moi franchement. Il... il me reste combien de temps ?
-Eh bien oui. Vos jours sont comptés. À mon avis, dans le meilleur des cas, vous en avez encore pour trente à quarante ans. Maximum.
-Mais si ce n’est pas un cancer, comment s’appelle cette maladie ?
-C’est la vie.
-La vie ? Vous voulez dire que je suis...
-Vivant, oui, hélas.
Voila Pierre Desproges c’est un peu ça. Un homme au beau visage de prince pirate au regard franc, sereinement dardé sur l’espoir jovial d’un lendemain tranquille gorgé d’espoir vespéral. ( cf photo )

Bref un de ces hommes que l’adolescente enfiévrée brûlante de désir évoque en gémissant la nuit au creux du lit de sa solitude où ses doigts tremblants d’une impossible étreinte se referments en vain dans l’attente affolée d’un éclair de plaisir [1]
Enfin laissons là cette jeune fille que la pudeur semble avoir abandonné pour aller au cinéma et parlons de ce livre. Car oui, en effet, on parle d’un livre. Un jolie petite ensemble de pages collées avec amour, le tout avec humour. 200 délicieuses pages à emporter et à deguster. Avec des chapitres mythiques, tel le "Chapitre nul, où, au risque de se casser la gueule, l’auteur soulève son deuxieme pied au-dessus de la tombe, en masquant, sous un apparent mépris pour la jeunesse, la nostalgie qu’il a de la sienne." ou même le Chapitre sexe dont je m’interdis ici de recopier l’intitulé complet [2] pour des raisons évidentes et pudibondes.
Bref, un livre. Oui, mais de Monsieur Pierre Desporges s’il vous plait. Comment ça vous ne connaissez pas Desproges ?/Comment ça vous connaissez déja Desproges et mieux que moi qui plus est ? [3] Dans ce cas aller le plus vite possible vous procurer ses oeuvres et m’évitez ainsi de recopier indéfiniment et illégalement sa prose/ Dans ce cas vous me comprenez et vous ne vous gènerez pas pour relire ce si beau livre. [4]
Ce livre vous attend, seul dans le froid d’une étagère. Il ne vit que dans l’espoir de connaitre un jour le contact chaud et fébrile de vos doigts, qui le fera s’ouvrir telle la jeune adolescente précédemment énoncée, et pour vous transporter alors tout le long de vos ébats, du Chapitre chauve au Chapitre fin, dans un déluge orgasmique.
La Prise éclectique